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Grand prix poésie 2016
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poèmes postés


Merci et bravo a vous tous !

VOICI LE PALMARÈS DU JURY
DE CE GRAND PRIX POÉSIE RATP 2016 :


Grand prix
enfants
(-12 ans)
Cette nuit j’ai rêvé
D’un endroit merveilleux,
Où des fleurs volaient
En compagnie des oiseaux bleus.
Je parlais à un beau tigre blanc
Comme les nuages,
Qui me confiait un secret
Comme un doux message.
Et en me réveillant
J’ai gardé dans ma main
Le secret de ce tigre
Jusqu’au lendemain.

Luigi CANTALI
9 ans, Hauts-de-Seine
Grand prix
jeunes
(12 à 18 ans)
Mes nuits sont vos jours.
Mes rêves vos cauchemars.
Mes envies vos soucis.
Ma musique pour vous que du bruit.
Je suis ado.
J’ai les parents à dos.

Thomas LEFEVRE
16 ans, Val d'Oise
Grand prix
adultes
(+18 ans)
L’homme était animal
Et puis, coup de théâtre,
le zoo devint scène !

Christophe MORELIERE
59 ans, Puy-de-Dôme
LES 10 LAURÉATS
C’est l’histoire d’un petit orpailleur
À la recherche des éclats divins
Il explore les courbes de son cœur
Les filons dans son âme d’écrivain
Il transforme chaque minute en or
Toujours avec une mine réjouie
Et forge le présent à coups d’efforts
Pour toute l’année rester ébloui Pailletez vous aussi
votre monde Fondez votre joie comme l’artisan
Et soyez ainsi à chaque seconde Chercheur et poète de vers luisants

Valentin CAPDEVILA
23 ans, Loiret
Elle dit, apportant du mimosa :
« Voici un bouquet de soleil. »
Il dit, respirant le mimosa :
« Même le soleil n’a pas ce parfum-là. »

Marie Volta
49 ans, Paris
Coucher de soleil
Le ciel lâche une grosse orange dans l’océan,
qui laisse ses épluchures dans les nuages.

Sacha ROUX
9 ans, Hauts-de-Seine
L’émoi et nous nous enlaçâmes
Les mois et nous nous en lassâmes
J’essuie les souvenirs qui coulent sur mes joues

Alexandre MEYER
17 ans, Paris
Le silence est d’or,
Alors, je me suis ruiné,
À te l’expliquer.

Bruno CHEVALLIER
57 ans, Val-de-Marne
Dans mon musée du temps perdu
Je mettrai l’ombre du grand pin Quelques aiguilles
Nos parties de foot jusqu’au soir
Les pierres d’une terrasse
Des vapeurs d’essence
Le tabac vanillé d’une calebasse
Les notes de Supertramp
Nos rires
Nos cris
Et ton absence
Qui dure

Marc SACOTTE
44 ans, Seine-et-Marne
Au fait j’ai oublié de te dire,
Les murs ruissellent de souvenirs,
Ils tournent en rond, rien ne t’efface,
Le fauteuil même cherche ta place.

Guilhaine CHAMBON
59 ans, Hauts-de-Seine
J’ai vu le soleil sur ton âme
Se coucher.
J’ai vu la nuit de tes armes
S’emparer.
J’ai vu le froid te promettre
Un feu doux.
J’ai vu les couleurs disparaître
De tes joues.
Alors j’ai pris tes mains
Pour leur redonner
La douceur du matin
Et de l’été.

Manon POUILLE-DESANTI
14 ans, Seine-Saint-Denis
Paris pleure, Paris pluie,
Parapluie sur nos cœurs
Paris s’esclaffe, Paris rit,
Paris piaffe parc Montsouris
Paris vit, Paris meurt,
Paris combat tous les coups bas
Paris vacille mais Paris scintille
Sa dame de fer pétille et danse
Sa robe de pierre joue l’indécence
Son cœur titi est immense
Paname pénard, panards géants, Inébranlable, Paris vaillant

Lucie SPONCHIADO
29 ans, Paris
Qui moudra les grains de mil
ou de sorgho
les grains de sel
les grains de sable
Qui moudra les grains du ciel
pour boire au bleu
jusqu’à l’ivresse
Qui moudra le grain de ta peau
dans la nuit pâle des étés
Qui moudra ce grain de folie
qui nous tient encore éveillés ?

Claudine MONTIÉGE
68 ans, Manche


LES FINALISTES
Arrête ton regard,
ferme les yeux,
écoute,
les murmures
de toutes ces voix
derrière les murs.
Ecoute encore
le tumulte
de toutes ces vies
dans les rues de Paris
Arrête tes pensées,
laisse-toi emporter.

Daniele ASBATI
62 ans, Haute-Garonne
Du temps comme expression de l'être

Un couturier,
Accordait à son métier
Toute science et patience
Que lui ordonnait sa conscience.
Mais d'hiver jusqu'aux estivales
On le trouvait rarement dans son atelier.
Normal :
Quelle que fût l'heure,
Celle-ci ou celle-là,
S'il n'était pas là
C'est qu'il était tailleur.

Pierre ASSAS
69 ans, Bouches-du-Rhône
Pourquoi voir la vie en prose
Quand on peut la voir en poésie,
Au travers d'un bouquet de roses
Qui illumine le chant des si ?

Vincent AVANZI
34 ans, Paris
Patatras ! Dans un fracas de coeurs brisés,
La sylphide Poésie a trébuché.
Secourez-la, vous dis-je, c'est un coup monté,
Un piège dressé par la Modernité !
Privés des vers et de leur légèreté,
Nous risquons fort de ne plus savoir rêver.

Isabelle BAILLET
47 ans, Rhône
Une bêtise de Cambrai qui demande pardon
Deux réglisses d'Uzès parfumés au citron
Trois dragées à croquer données par des mariés
Ou trois biscuits de Reims roses et craquants à souhait
Quatre caramels bretons légèrement salés
Cinq calissons d'Aix en forme de sourire
Six fruits provençaux que l'on a fait confire
Sept marrons glacés qui ne craignent pas le froid
Huit berlingots rayés venus de Carpentras
Neuf oeufs en chocolat cachés dans le jardin
Et dix petits nougats dans le creux de ma main

Claudine BARIC
60 ans, Oise
Il faut sérieusement songer à se transformer en montgolfière
Pour s'envoler et prendre de la hauteur
Et gonfler, gonfler sans relâche nos coeurs
Pour répandre notre amour dans les airs.

Etienne BIANCO
24 ans, Paris
Aujourd'hui j'ai vu un escargot rigolo
Qui avait un chapeau sur son dos,
Maman a secouru un insecte
Qui avait perdu ses lunettes,
Papa a observé une coccinelle
Qui discutait avec une hirondelle,
Et mon frère est tombé par terre
Quand il a vu un coléoptère à l'envers.

Soizic BILLET
9 ans, Somme
Suspendu sur les cimes,
Caressé par l'esprit,
Le rêve vagabonde,
Éternellement libre.

Marius BISCUIT
16 ans, Seine-et-Marne
Rue du Chat-qui-pêche

Rue du Chat-qui-pêche
on croise des poissons volants
des souris aquatiques quelques rats d'égouts
des maquereaux sur le retour
des thons au naturel quelques anchois de deuxième choix
des baleines de parapluies
des brochettes mais pas des brochets
des arêtes de truite de Schubert
de très vieux loups de mer
mais pas des requins de la finance
ils n'entrent pas dans les filets de la mise en Seine

Claude BOUQUET
69 ans, Cher
Ce poème n'est pas de moi,
Il est de ma mère, d'un écrivain disparu.
Ce poème n'est pas à moi,
Il est à vous maintenant que vous l'avez lu.

Marianne BRAUX
27 ans, Gers
Dans les précaires tiédeurs du printemps,
L'été chemine, prend forme et s'étend.
La terre immense devient trop petite,
Les jours pourtant si longs passent trop vite.
Empreints de fraîcheur dans le matin clair,
Les fruits brillent de lumineuse chair.
La nuit s'estompe, le soleil va suivre
Pour poser à midi ses doigts de cuivre.
La pluie nous surprend parfois en averse,
Glissant sur les feuilles qu'elle transperce.
Il fera beau demain, le ciel est rouge,
Le chat s'est assoupi, plus rien ne bouge.

Louison BROLLES
29 ans, Paris
Comptoirs, estaminets, buvettes et bouis-bouis,
Bistrots, troquets, gargotes, cafés sur le zinc,
C'est chez vous que toujours mon âme s'épanouit,
Là où danse l'alcool, là où les hommes trinquent,
Là où les hommes lisent, et où les hommes causent,
Où se déverse un flot de paroles ineptes,
Là où chacun soutient sur la vie et les choses
De grandes vérités ou de curieux préceptes,
Là où l'insignifiant gagne de l'importance,
Là où entre les tasses, à la lueur du soir,
Comme dans un abri, comme par résistance,
Un brin d'humanité vient quelque fois s'asseoir.

Jean-pierre BROUILLAUD
47 ans, Paris
En raison d'un baiser à la station Hôtel de Ville
Les poètes
Seront perturbés sur l'ensemble
Des lignes.

Manuel CHARRIER
40 ans, Paris
Si des larmes de pluie ont éclaboussé ma vie,
des bribes de nuages caché mon vieil âge,
des flocons de neige couvert mon manège,
des souffles de vent emporté mon vivant, qu'importe,
des éclats de soleil ont illuminé mes sommeils.

Janine DAVRAY
72 ans, Paris
Photo

Sous l'oeil indifférent des péniches qui passent,
Juste au milieu du pont, les amoureux s'embrassent.
Dessous, la Seine coule et ne veut rien savoir.
Fenêtres assoupies, il n'y a rien à voir.
Depuis la nuit des temps, toujours la même histoire...

Maryse DECOOL
56 ans, Pas-de-Calais
N'attendez rien et donnez tout 
Ne croyez rien et prenez tout.
Simple et mondain
Courrez partout,
Loin de soi loin des siens
Essayez tout.
Insouciant ce soir 
Indécent demain
Confiant et serein,
Vivez, vivez là, 
Vivez-la bien.

Fabien DEJEAN
28 ans, Paris
Si j'étais un poète
Je lancerais vers toi des mots
Ni doux ni tendres mais tatoués et sauvages
Pour faire sourire l'intelligence.

Alain DELAPORTE
68 ans, Ille-et-Vilaine
Paris promis,
Demain sur tes hanches.
Là où j'ai aimé,
J'irai danser.

Romain DEMADRE
35 ans, Seine-Saint-Denis
J'habite 105, rue des roses,
Et je t'écris depuis le toit,
Où les ronces sans élégance,
M'écorchent les bras.
Sous le ciel lourd et grandiose,
Je t'écris même si j'ai froid,
Même si l'hiver court en silence,
Me glace jusqu'aux bouts des doigts.
Ma splendeur, mon virtuose,
Le jour si doux ne sait toujours pas,
Sur l'ombre qui au loin s'avance,
Combien j'ai besoin de toi.

Audrey DENIS
34 ans, Seine-Maritime
Prête-moi un regard,
j'en ferais une histoire.
Prête-moi un sourire,
j'en ferais un navire.

Elie DERAI
6 ans, Paris
Que l'ivre de la jungle bêle au bois dormant !
Car la belle est la bête, mais nul ne le dit.
Le sable des châteaux s'égare avec le temps
Et nos rêves d'enfant, soudain, se sont enfuis.

David DESGARDIN
18 ans, Paris
Comment sauraient les roses
s'épanouir dans le jardin de mon coeur
si je ne les arrose de tes rêves ?

Alain jacques DESREUMAUX
71 ans, Val-d'Oise
Paris est en pleurs, Paris est tout gris.
Plus que sa vie, on lui a pris :
Des enfants de Paris, à jamais sont partis.
Tu vas y arriver, tu vas te relever;
Car jamais battu tu te dis.
Malgré ton coeur fissuré et ton âme tourmentée,
Tu vas nous protéger de ces cruels ennemis.
Paris est brisé, mais le monde est Paris
Pour que tu t'illumines d'un joli bleu blanc rouge, signe d'humanité.
Tu vas rendre nos libertés et nous guider,
Mais jamais tu n'oublieras ces hommes et ces femmes, mais avant tout des vies.
Qui sont morts juste parce qu'ils t'aimaient, parce qu'ils aimaient Paris.

Sandy DRAN BENSIMON
16 ans, Paris
Elle affiche des lignes froissées d'avoir trop essayé
D'écrire un poème là où il n'y avait pas de mots
Là où il n'y avait rien à dire, ou trop
Sa tête est un champ de neige avant l'orage
Arrivera-t-elle jamais à plaquer sur la page
Les vrilles du vide et de la fureur qui dansent
Sur cette valse à dix-sept temps
Les pointes, le grand écart immense, arrivera-t-elle seulement
A raconter un jour la musique,
A dire la beauté de son cri
Quand l'orage se défait brique par brique
Et qu'il ne reste que la nuit ?

Lisa DUCASSE
18 ans, Paris
Des idées, des ratés
Desiderata des adultes
Des défis, des duels
Dédale de disputes
Des téméraires, des intrépides
L'attrait du vide...
Des délices, des ivresses
Dispendieuses déesses
Des taudis, des bordels,
Bander les dentelles...
Des dandies, des dodues,
Amadouer les dos nus

Cedric DUMAS
34 ans, Bas-Rhin
Train-train de nos quotidiens
Navette des collégiens
Mé-tro-po-li-tain, bavard
Métro, poli en costard
Wagon vide, vague à l'âme
Wagon plein, oups pardon M'dame
Transparisien en hermine
Paname-Express et ses crimes
Rame à mots et à poèmes
Long-courrier de mon Je t'aime

Camille FOUGEREAU
23 ans, Paris
J'ai pleuré Eurydice et j'ai chanté Ulysse
Je fus la ronce douce de la Blonde Iseult.
Verlaine me brisa par son mètre boiteux et
Rimbaud fit de moi le noir bateau sans haleurs
Qui vogua brisé dans les veines de Gala.
Puis j'ai dansé dans les volutes de Gains bourg,
Flotté dans les ateliers, les bars et la rue.
Dans la nuit je suis cette forme qui avance
Et ce bleu deviné dans l'encre des yeux noirs
J'étais ce qui sera et serai ce qui fut
La pure l'innommée toujours recommencée
L'impossible forme à rencontrer.
Poésie.

Victor FRANCES
39 ans, Yvelines
Arc-en-ciel

Le soleil ne pouvait voir la pluie.
Et la pluie ne pouvait voir le soleil.
Avant même de se voir et de s'émouvoir,
Le soleil disparaissait, laissant la pluie pleurer.
Mais un jour, le soleil brava la pluie
Et répandit sur la Terre
Des milliers de couleurs
Pour ne plus avoir peur

Lucie FRICOT
11 ans, Yvelines
Je suis face à la mer, posé sur le rivage
Échoué éphémère d'un éternel naufrage
Ancré sur l'horizon de ponts imaginaires
Réfutant la raison me sommant de me taire.
Je voudrais tant écrire, sur cette ligne claire
Et des lettres y inscrire, sur fond crépusculaire
Avec pour seule plume, puisées dans l'océan
Quelques fragments d'écume, quelques larmes de sang.
Le soleil déclinant vient ponctuer ma phrase
En silence, en traînant, sans effets, sans emphase.
J'y attends maintenant, les paroles de lune
Sur les vagues gravant, des pensées opportunes.

Jean-yves GARINET
56 ans, Haute-Garonne
Le sablier

Le sablier s'est retourné
C'est une vie qui commence.
Les grains de sable se mettent à tomber
Et continueront toute l'enfance.
Et il faut bien le protéger
Car il commence à vaciller
Et s'il venait à casser, on ne pourrait le réparer.
Et les morceaux de verre brisé
Telle une vie inachevée
Laissent filer le sable blanc, Laissent filer le reste de temps.

Maia GUILLET
12 ans, Isère
O ciel !
Un ciel
mon ciel
aux dents grises
croque le haut de la
butte à Montmartre.
En un éclat de rire
Paris, se tâche de
parapluies, ces fleurs des pavés
s'ouvrent en couleurs
dans un instantané en gris et pluie.

Jean-michel HATTON
34 ans, Bouches-du-Rhône
Je cherche l'inspiration en haut dans mon avion.
Je cherche des paysages à travers les nuages.
Je cherche des abeilles qui dansent dans le ciel.
Je cherche, je veille, quand sonne mon réveil.
Mon avion atterrit et mon rêve est fini.
Mais dans quelques années mon rêve sera vrai.

Jeannne HILS
8 ans, Hauts-de-Seine
L'étranger parle bas
Ses mots imprononçables
Cachent mille paysages

Laurent HOUETTE
18 ans, Loir-et-Cher
Petit peintre des rues, à l'allure incongrue
qui remplit de couleurs nos murs sans humeurs,
que de passants aigris, n'ont juste pas compris
la beauté de ton geste entre les graffitis.

Scylla JOFFRAIN
22 ans, Val-de-Marne
''Liberté'', c'est le mot
Que j'écris sur ma peau,
''Egalité'', c'est le mot
Qui fait battre mon coeur,
''Fraternité'', c'est le mot
Que je grave dans ma mémoire.
Une devise d'avant dans un monde d'après,
Une devise possible dans un monde à venir...

Kummba KHATTAL
13 ans, Vaucluse
J'ai vu dans le ciel,
Un mouton tout blanc,
Croquer des glaçons,
Et en faire des flocons.

Elliott LANDRU
10 ans, Haute-Savoie
Hier soir au détour d'un couloir de métro
J'ai croisé un vers mal dans sa peau
Né alexandrin il voulait devenir haïku
Pour demander la main
De sa dulcinée vers libre
Dont le père vers classique
Rêvait d'être grand-père de petits-fils vers métis

Maha LEE CASSY
42 ans, Gironde
Il était un endroit, où le vent vendéen au souffle généreux,
Effleurait mon front, faisait flotter mes cheveux.
Là, il y avait le chapeau de mon père, en haut du porte-manteau,
Qui prenait la poussière un peu comme j'avais pris la mer.
Et toi tu prenais l'eau, dans tes chaussures en toile,
Chassais les grandes voiles, entrainant les bateaux.
Tu chuchotais tout haut, faisait parler les vagues,
Et même le sable fin écoutait ton refrain.
Ensemble, on escaladait les rochers même l'écorchure au genou,
Portés par le rythme des marées,
Menant l'odyssée jusqu'au bout,
Tu me l'a dit : c'est juste ici.

Lise LEFEBVRE
15 ans, Vienne
Rues

Un réverbère esseulé
Dans une rue blafarde
Jette au passant hâtif
Un rayon qu'il regrette
L'ombre s'allonge tristement
Sur le macadam endeuillé
Et l'arbre garde son secret
Dans l'obscurité protectrice.

Annick LEJEUNE
75 ans, Loir-et-Cher
Plic ploc à Paris

La douce pluie tombe sur Paris,
Les pigeons remplacent les pies,
Deux chats se cachent en catimini,
Les moineaux rient, blottis dans leur nid,
Chez les fourmis, c'est le grand charivari,
Puis la pluie meurt en clapotis,
Soleil et couleurs reviennent à la vie,
Et les rues de la ville aussi.

Alice LEMARCHAND
8 ans, Paris
Rêver, par un tout petit matin gris, d'un
Ailleurs, loin très loin des entrailles de Paris,
Transporté par le tempo d'un métro nommé
Poésie.

Antoine LETOURNEL
26 ans, Manche
La vie est la poésie la plus originale qui soit,
Parfois elle ne rime à rien,
Souvent elle offre des verres à moitié vide plutôt qu'à moitié plein,
Jamais elle ne joue le même refrain,
Mais toujours elle trouve le bon rythme pour faire battre le coeur de chacun.

Elsa LEVY
33 ans, Paris
L'Amuse-Bouche de Métro

Je t'ai repérée sur le quai alors que tous embarquaient
Tu as sauté dans un wagon, je t'ai suivie avec passion
Boosté par les phéromones, j'ai dégainé ma mine carbone
Sans perdre la face, je dessine, je trace
Je croque la bouche, le regard, le nez
Je griffonne et retouche sourire et cheveux bouclés
J'aiguise mon stylo sur les petits carreaux
Les lignes de ton visage enflamment la page
Portrait craché, reflet d'une grande beauté
Je te propose mon esquisse, tu me déposes un kiss-kiss.

Anne-sophie LHERBETTE
29 ans, Paris
Un verre de vin pour t'aborder,
Un verre en vain pour t'oublier.

Mathilde LIBBRECHT
36 ans, Paris
Tes petits points verts ont envahi ma vie, les petits points verts de tes applis,
Tu te connectes pour d'autres amours et le téléphone pleure sans détour,
Ton coeur ne bat plus mais il bipe; le mien ne bat plus mais se fripe,
Je perds le réseau de tes sentiments dans ce tunnel sans abonnement,
Tu changes déjà d'opérateur, j'écoute ta voix sur répondeur,
Mon trop d'amour reste à quai tandis que tu me déclares hors forfait,
Viens géo localiser ma douleur, près de la touche étoile...
Il y a mon coeur.

Johan LONCHAMP
37 ans, Paris
Fraternité

Etre le même
Ou être un autre
Etre soi-même
S'avérer autre
Dedans moi-même
Trouver un autre
Hors de soi-même
Rester des nôtres

Jean françois LOPEZ
58 ans, Charente-Maritime
J'aurais pu vivre sans la passion,
Sans les frissons qui nous assaillent,
Sans les absences qui nous tenaillent,
Une vie par procuration.
J'aurais pu vivre la déraison,
L'amour d'un jour sans l'émotion ,
Sans un regard, sans vibration,
Sans apercevoir d'horizon .
Mais sans avoir goûté tes fruits,
M'être endormi à tes côtés,
Dans ton aurore, me réveiller,
J'aurais pu vivre dans la nuit.

Philippe LORET
18 ans, Mayenne
J'aimerais lire dans l'azur
De son regard si doux
Les promesses d'un futur
Qui n'attendrait que nous
J'aimerais lire dans sa voix
Tout à coup l'émotion
Des mots qu'on n'ose pas
A tort ou à raison
J'aimerais lire dans son âme
Heureuse et apaisée
Que je fus son sésame
De l'amour retrouvé

Bruno MARETTE
49 ans, Hauts-de-Seine
Chaque soir je cours vers toi heureux,
Supportant mes transports... amoureux,
En train et en métro,
En train de t'aimer trop.

Gérar MARTY
77 ans, Haut-Rhin
Dans mon cartable

Dans mon cartable il y a
Une règle pour régler mes comptes
Un classeur plutôt classe
Un cahier qui se les caille.
Dans mon cartable il y a
Un pochette qui fait des surprises
Un compas qui tourne en rond
Et qui compte ses pas

Jérémy MAUDUIT
7 ans, Marne
T'aimes le style, le stylo file
ça plait aussi aux filles
Pour que les cils oscillent
je place des rimes aux cimes.

Nicola MAURISSON
27 ans, Val-d'Oise
Elle est parfois difficile à trouver
Surtout quand on attend de la rencontrer
Ce n'est pas nous qui allons la chercher
C'est elle qui vient nous attraper.
Elle peut être très utile
Surtout lorsque l'on est fébrile
Assis sur notre fauteuil
Devant notre belle feuille
En proie à une grande frustration
Sans l'aide de cette demoiselle
Sa majesté l'inspiration
Qui nous rend la vie si belle.

Lea MESCHI
15 ans, Yvelines
Elle était habillée
Tout en sensibilité
D'un col enroulé
De rimes tricotées
Elle l'avait paré
Tout en phrasé
D'un bijou doré
De sonnets agrémentés
Elle s'était maquillée
Tout en pailleté
D'un sourire relevé
De poésie murmurée

Agnès MILLET
38 ans, Paris
Migrant

Quittant ta terre et ses tourments
Tu t'es perdu dans l'océan
Et débarquant dans cette jungle
Modestement tu restes humble
De ton pays tu fuis la guerre
Chercher l'espoir en Angleterre
Et comme une énorme houle
Inlassablement qui te refoule
Toutes les nuits tu recommences
Pour à tout prix quitter la France
Et si un jour tu y parviens
Tu pourras te reposer enfin
Que cette vie peu banale
T'apporte un bonheur total.

Nathalie MILLOT
49 ans, Indre-et-Loire
Dans la grisaille,
On cherche le bleu,
Le beau, le bien,
Un rien qui vaille.
Et si c'est peu,
Homme de bien
C'est déjà beau
Ce presque rien...

Juliette MONTAGNE
31 ans, Hauts-de-Seine
Être pressé est à la mode,
Courir, piétiner, se dépêcher,
Tout cela est en apparence bien peu commode,
Mais nous y sommes accoutumés.
Aujourd'hui s'est produit quelque chose,
Alors que je courais, piétinais, me dépêchais,
Je me suis arrêtée pour humer une rose,
Et le monde me parut soudain imparfait.
Et c'est avec un air distrait,
Ma fleur toujours à la main,
Que je décidai de contempler le monde citadin.
Et enfin, je vivais.

Anaïs MUNARI
16 ans, Ain
L'odeur par mes fenêtres
Gagne mes intérieurs
Elle se faufile sous mes portes
M'habille de souvenirs et me dénude
Dans ce que j'ai de plus intime.
Dans ma cuisine elle m'emporte
Odeur sucrée douceur salée
Odeur d'enfance gourmande passagère
Odeur de crème aux couleurs si légères
Odeur d'une coquille vidée de sa substance
Odeur de tes caresses évaporées depuis
Parfums de nos fragilités.

Eric OLIVERO
46 ans, Essonne
De savoir que tu liras peut-être mes mots,
Au hasard des couloirs dans les bus et métros,
Distraitement alors tu poseras tes yeux,
Et ensemble nous serons liés par ce jeu.
Où serai-je, dans quel endroit de ma ville ?
Poursuivant ma course, impatiente et docile,
A ce moment même où tu me découvriras,
Alors le sentirai-je, un ange passera ?
Souriras-tu à mes lignes maladroites,
Moi qui me rêva un jour d'être acrobate ?
Ni serpent qui danse ni albatros dans l'air,
Mimant, Ô naïve, un certain Baudelaire...

Florence PASQUET
44 ans, Rhône
Si un jour, il me parle,
Je ne lui répondrai pas.
Si un jour, il me sourit,
Je le défie.
Si un jour, il s'approche,
Je m'éloigne.
Si un jour, il me regarde,
Je le dévisage.
Si un jour, il s'excuse,
Je l'accuse,
D'avoir pris mon coeur
Et d'être parti sans honneur...

Constance PERCHE
14 ans, Seine-Maritime
J'habitais rue Monsieur-le-Prince
Elle habitait rue Mademoiselle
Nous avons emménagé rue Madame
Elle était Notre-Dame
J'étais Tour Eiffel
Je l'ai rendue Fontaine Saint-Sulpice
Elle voulait les Quatre Temps
J'étais plutôt Printemps
Cela s'est fini en Bazar de l'Hôtel de Ville
Elle m'a attendu quai de l'Horloge
J'ai traîné du côté de Cognacq-Jay
Nous n'avons pas trouvé la rue de la Paix

Alban PILLET
38 ans, Paris
Si le conditionnel
Etait plus-que-parfait,
Le futur serait
Beaucoup moins imparfait.

Jean PINAIRE
58 ans, Meuse
D'où vient le vent ?

D'où vient le vent ?
Il vient du ciel,
Du pays des géants
Qui baillent en même temps.
Mais qu'est ce que le pays des géants ?
C'est celui des volcans.
Mais où est-il le pays des volcans ?
Eh bien il est sur terre comme dans tout l'univers.

Quentin PIZZINGA
8 ans, Indre-et-Loire
La terre en équilibre
Sur son étroit pilier
Il tangue, se balance
Et manque de s'écrouler
Pourtant s'il s'effondrait,
Ce serait le chaos,
Le crabe mang'rait la raie,
Et la raie l'cachalot
Alors vous chers lecteurs,
Si vous avez un cœur,
Préservez notre belle terre
Pour qu'elle ne tourne à l'envers.

Eloïse PLACAIS
11 ans, Seine-et-Marne
La ville jouait du piano
Sans jamais prendre de repos
Les marteaux et les motos
Lui donnaient le tempo
Pour ce tango citadin
Chacun apporte du sien
Compositeur d'un matin
D'une audition sans lendemain
Quotidienne symphonie
Citadelle en cacophonie
Sombre la nuit dans l'oubli
Dans le secret des têtes de lit.

Catherine POIRIER
62 ans, Gironde
Petite faille entrouverte dans le ciel anthracite
Tel un filon rosé coulé dans le granite,
La ligne d'horizon s'est teinte acidulée
Divine apparition, soleil pêche orangé.

Charlotte POUX
33 ans, Ain
C'est un rêve d'enfant,
Marcher sur les nuages,
C'est pour tuer le temps,
C'est pour tuer l'âge.
Et pourtant les rêveurs,
Se servent de leur coeur,
Pour inventer l'idée,
Et pour pouvoir rêver.
Le rêve c'est mon bonheur,
Mon métier est rêveur,
Pour tuer l'âge et le temps,
C'est mon bonheur d'enfant.

Titouan PRENAT
15 ans, Saône-et-Loire
Les jours brodés
Filent ouateux
Comme une pluie de laine entre les doigts

Lou RACHMUHL
25 ans, Bas-Rhin
Il y a dans ma poche
de tout petits cailloux
des galets qui ricochent
un brillant et un sou
il y a dans mes poches
des billets des fusées
des grelots et des cloches
un trousseau de mots-clés
il y a dans nos poches
nos deux mains épuisées
les rires de nos proches
et le fleuve emmêlé

Thibaut REES
34 ans, Yvelines
Une rencontre inattendue

Dans la rue, deux triangles rectangles j'ai vu passer.
Moi, je leur ai souri et eux m'ont saluée.
Quelques temps plus tard, je les ai encore croisés;
Et quelle surprise, vraiment, quand ils m'ont annoncé,
Qu'ils voulaient se marier, que j'étais invitée.
Et devant le maire, je les ai vus s'épouser,
Ensemble ils ont formé un magnifique carré!

Judith RICHARD
11 ans, Paris
Sirènes

Novembre, un soir, elles ont hurlé leur désespoir
Un chant pour un voyage avec comme seul bagage la rage
Sirène , emmène nous vers d'autres rivages
Loin de l'eau salée de nos larmes
Soigner et apaiser nos âmes

Arnaud RIDDELL
53 ans, Paris
Oubliée à l'orée d'un sous bois enneigé,
Petite voisine des arbres dénudés,
Où les habitants des lieux taisent le secret,
Pousse une célèbre inconnue immaculée.
Sans odeur ni couleur, habillée de blancheur,
Elle s'épanouit avec courage et bonheur.
C'est l'une des premières nées au bal des fleurs,
Cette primeur éveille une subtile rumeur.
Envers et contre tout, elle dresse sa corolle
Avec fierté, vibrant sous le souffle d'Éole,
Résistant au frimas, elle ouvre le cortège
Des éclosions printanières : c'est la perce-neige.

Alexandre ROBIDEL-MERILLER
16 ans, Eure
Amitié

Sur les fêtes où l'on s'amuse
Sur nos photos remplies de bonheur
Sur la confiance qui nous unit
J'écris ton nom
Sur les jeux où on rigole
Sur les secrets que l'on partage
Et sur le lien qui est si fort
J'écris ton nom
On a toujours tout partagé
On s'est toujours aidé
C'est ça l'amitié

Arthur SALAUN
10 ans, Hauts-de-Seine
Douce nuit,
Oublie mes ennuis,
Fais moi rêver,
Rêver de liberté,
De n'importe quoi,
Transporte-moi à un autre endroit,
Laisse mes yeux voir,
Un monde plein d'espoir,
Laisse-moi pleurer,
Pleurer de volonté,
Laisse-moi écrire,
Mon sourire.

Marie SARGE
10 ans, Isère
Légères comme des plumes, mes pensées
S'élancent, tourbillonnent et retombent,
Se laissant emporter par le vent frivole.
Etonnée, je reste là, au bord du chemin.

Marie-claude SAVELLI
68 ans, Corse
Poésie

Poésie s'écrit comme une plume dansant au vent
pour se poser sur l'hirondelle du ciel.
Poésie est le mot qui brûle comme une flamme à l'arrivée du soleil.
Poésie est huit ou dix ou vingt petites fleurs
qui promènent leurs pétales sur le coeur de la Seine.
Poésie est la chose la plus légère du pays
tambourinant sur la flaque de l'infini.

Rachel SEGISSEMENT
8 ans, Paris
Ils se tenaient debout, au pas de la maison,
Ils étaient beaux, des messagers de la saison.
Sa robe laissait légèrement flotter le vent,
D'un geste de douceur, envolant ses rubans.
Son regard translucide d'un calme rassurant,
Lui offrait son reflet aux cheveux grisonnants.
Ils avaient l'air tranquille, d'un monde bien plus grand,
Et leurs sourires formaient comme un rempart au temps.
Cette image laissée aux dommages des ans,
Ne s'est pas effacée. Ils étaient des parents.

Marie-laetitia SIBILLE
39 ans, Paris
L'astronome dans la lune

Dans un observatoire, sur des cimes hivernales,
Un savant rêvassait en scrutant les étoiles.
Dans les brumes légères, sous la voûte nocturne,
Il contemplait aussi les anneaux de Saturne.
Comme il était distrait et peut-être un peu gris,
Fait renversant: il tomba dans la Galaxie !
Il s'en fut loin d'ici, fit la Terre buissonnière,
Découvrit des planètes à des années-lumière.
Certains purent l'observer, dans leur grande lunette,
Explorer l'Univers chevauchant une comète.

Lucien SITRUK
55 ans, Paris
Le canal s'est vidé
L'eau s'invente des îles
Jamais à court d'idées
On y pêche sans fil

Philippe THIVET
48 ans, Seine-et-Marne
Petit coquillage nacré,
combien de châteaux de sable as-tu décoré ?
Petite goutte d'eau perlée,
combien de nez as-tu mouillé ?
Petit caillou doré,
combien de genoux as-tu égratigné ?
Petit rayon de soleil d'été,
combien de visages as-tu illuminé ?
Petite flamme orangée,
combien de personnes as-tu réchauffé ?
Petite étoile bienveillante,
combien de fois m'as-tu guidé ?

Ulysse TINTI
10 ans, Paris
Une fleur dessinée par Charlie
Une fleur au bout du fusil
Hier comme aujourd'hui
Moi je souris à la vie
Je t'aime comme tu es
Sereine ou révoltée
Le coeur à ses secrets
Oui tout est pardonné
Touché en plein coeur
De nos dessinateurs
L'amour dans la douleur
Non même pas peur car une fleur

Emmanuel TRAVIER
18 ans, Maine-et-Loire
Deux Anglaises alanguies
Sur le pont d'un paquebot
Regardaient glisser l'ennui
Sous l'étrave du bateau

Catherine VALENTI
45 ans, Bouches-du-Rhône
Le haïku du grand âge

Neuf décennies
Dans un fauteuil
Blotties.
Oh mes souvenirs
Venez m'aider
A mourir
Ou à vivre.

Nicole VALLEE
90 ans, Paris
L'inspiration me manque,
Je ne trouve plus d'idées.
Rien de pire que le manque
D'inspiration ou d'idées.
Réfléchir est une chose,
Trouver en est une autre.
Si seulement
Une chose,
Une nouvelle chose,
Une autre,
Venait à mon esprit
Ce poème serait fini.

Francesco VALOROSO
11 ans, Hauts-de-Seine
Une subtilité mêlée à la complexité de l'être
Dévoilée par le lien entre une plume et sa lettre
Rondeur du caractère et angle de la pensée
Ceci n'est autre que la thérapie du papier.

Mélanie VIALLE
23 ans, Yvelines
L'Homme hurle sa colère
il proteste ce pauvre hère
le poète en prend l'écume
et s'indigne d'un trait de plume.

Romain VIGINIER NEVE
42 ans, Loiret
La couleur du sourire
Un morceau de ciel bleu
Dans un amas de gris
Une lueur dans tes yeux
Et voilà, je souris
Ainsi pour un bonheur
Point n'est besoin d'argent
Simplement deux couleurs
Sur la palette du temps

Gérard WAMBRE
73 ans, Nord
Le Père Noms Inventhé à la Menthe

Chevaladin, connaissez-vous ce mot ?
Un peu de cheval, un peu d'Aladin, drôle de mélange !
Et le cousympathique ?
Bizarre... Qui peut bien inventer des noms pareils ?
Approchez-vous, je vais vous le dire !
C'est celui que l'on appelle le père Noms inventhé à la menthe.
Il n'habite pas loin, là, juste derrière la colline.
''Non, pas loin ,vous pouvez y aller en automobilingue ou à pied '', vous aurait-il dit.
''Et si vous vous avisez d'entrer dans ma demeure, aurait-il ajouté d'un ton féroce,
je vous chasserai à coup de carabinocle !''

Sara ZOPPIS PETIT
9 ans, Eure-et-Loir