4 questions à Augustin Trapenard, président du jury 2017

© Nikola Angelov – Trois Degrés 2017

Normalien, agrégé d’anglais, Augustin Trapenard est passé par l’Université de Berkeley avant d’enseigner la littérature anglaise et américaine à l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaines. Il a notamment collaboré à Elle et au Magazine Littéraire, incarné la littérature sur Radio Nova et France 24, avant de tenir pendant trois ans « Le Carnet d’or », le magazine littéraire de France Culture. Depuis septembre 2014, il produit et anime « Boomerang », le rendez-vous culturel de 9h10 de France Inter. Il est également à la tête de « 21cm », l’émission littéraire de Canal +, et du « Cercle », le rendez-vous hebdomadaire des critiques de cinéma sur la même chaîne de télévision.

Que représente pour vous la poésie ?

La poésie, ce n’est pas qu’un assemblage de mots ou un texte bien écrit, c’est pour moi l’art de s’ouvrir au monde, de regarder autrement et de réapprendre, surtout, à s’émerveiller.

 

Un poème ou un auteur favori ?
Les poèmes d’Emily Brontë, les listes de Jacques Roubaud, les calligrammes d’Apollinaire… La liste est infinie, puisqu’il s’agit, à chaque fois, d’un regard singulier sur un instant de vie.

Que vous évoque l’affichage de textes poétiques dans le métro ? Un souvenir en particulier ?
Le métro est l’un des rares espaces de la ville où l’on est encore, parfois, privé de réseau ou d’internet, ce qui en fait un lieu propice aux échanges de regard, à la lecture et à l’imagination. Je me souviens d’avoir bloqué tout un trajet sur un poème « Éventail » de Paul Claudel. Je l’ai déchiffré, lu et relu dans tous les sens, analysé sous toutes ses coutures jusqu’à le savoir par cœur. Il était question d’une rose, de ses épines et de son parfum. Du pouvoir d’une fleur.

Pourquoi accepter de présider le jury du Grand Prix de poésie RATP 2017, ouvert à tous les poètes amateurs ?
En s’adressant à tout le monde, petits et grands, touristes et usagers, de Paris ou d’ailleurs, ce Grand Prix nous rappelle que l’imagination nous appartient, qu’on a tous le droit et l’urgence de s’émerveiller, et qu’il suffit de regarder plus loin que le bout de son nez pour participer, et – qui sait ? – pour gagner !