3 questions à Vincent Delerm, président du jury

Pourquoi avoir accepté de devenir président du jury du Grand Prix Poésie RATP 2021 ?

« J’aime l’idée d’un concours amateur. Habituellement, je ne participe à aucun jury car je ne me sens pas légitime pour trancher que telle chose est bien ou ne l’est pas, mais l’enjeu de ce concours est ailleurs. La question est moins de désigner un unique “grand vainqueur” que de créer et faire une provision de vibrations sensibles de mots pour accompagner nos vies bousculées dans la ville. Et nous en avons besoin plus que jamais ces temps-ci ! »

 

 Comment vous est venu le goût de la poésie ?

« Adolescents, avec mon meilleur ami nous sommes tombés sur un film dans lequel le personnage principal, ne réussissant pas à plaire aux filles de son lycée, se mettait à apprendre par cœur des dizaines et des dizaines de poésies pour les séduire. Ça semblait vraiment être une bonne idée alors nous avons commencé à faire la même chose, vidant pour cela l’étalage du rayon poésies Gallimard de la bibliothèque parentale. Évidemment ça n’a pas du tout marché, mais j’ai lu énormément de poésie et de poètes cette année-là…

Un peu plus tard, j’ai aimé mettre en musique des poèmes d’Aragon, de Louis Calaferte, de Richard Brautigan, essayer de les “transformer” en chansons… Et je crois que ces trois là restent mes poètes préférés. »

 

Quel style de poésie aimez-vous ?

« J’aime souvent les poèmes très courts, ceux qui parviennent à créer une atmosphère, faire résonner une sensation en quelques mots. Je suis toujours fasciné par ces textes proches du haïku, affichés dans les wagons de métro, surplombant parfois des voyageurs moins poétiques, accompagnant des rames bondées ou au contraire certains compartiments totalement déserts tard le soir… »