4 questions à Maë Defix, Grand Prix Jeunes 2020

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Maë Defix, j’ai 18 ans, et je suis actuellement en première année de Licence en Droit à l’Université Clermont Auvergne.

Je vis à Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, département où j’ai grandi.

La culture occupe une grande place dans mon quotidien, car elle me permet d’ouvrir une fenêtre sur notre monde, tout en aiguisant un regard singulier. Ainsi, j’apprécie tout autant le cinéma que la littérature, autant lire qu’écrire.

Comment avez-vous pris connaissance du Grand Prix Poésie RATP ?

Alors que la France était confinée, les jours se succédant plus ternes et moroses les uns que les autres, je continuais de vivre au gré de l’épidémie et des annonces gouvernementales. Afin de briser une routine qui s’installait, confiné mais pas résigné, mon goût prononcé pour les mots et la littérature m’a mené, au détour d’une recherche internet, sur la publicité vantant ce merveilleux événement culturel qu’est le Grand Prix Poésie organisé chaque année par la RATP.

L’idée ne m’était jamais venue d’écrire pour le plaisir. Une passion pouvant naître et surgir à n’importe quel moment de notre vie, peu importe notre âge, je me suis mis à écrire plusieurs poèmes. Après une relecture attentive par ma mère et mon frère jumeau, le choix du poème « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans », dans lequel je contais le passage difficile de l’adolescence à l’âge adulte, cette traversée de l’antichambre des responsabilités et des changements, est apparu comme une évidence.

Sans grande conviction, j’ai envoyé mon texte, telle une bouteille à la mer. Puis, vint l’appel surréaliste qui m’annonça ma victoire. Ce fût un immense bonheur et une satisfaction sans égale, bien qu’inattendue.

Finalement, le Grand Prix Poésie RATP est un projet ambitieux et magnifique. Il ouvre et diffuse les beautés enivrantes de l’écriture et de la lecture, autant pour les candidats que pour les voyageurs qui seront transportés, par leur sourire ou leurs émotions, à la lecture des poèmes dans le métro. Tout le monde a quelque chose à exprimer, à raconter, un petit fond de poésie qui sommeille en lui. Les plus beaux poèmes sont ceux-là mêmes qui viennent du cœur. Alors, n’hésitez plus, participez !

Avez-vous l’habitude d’écrire des poèmes ? Quel est votre rapport à la poésie ?

Le confinement a été profondément salvateur de ce point de vue-là. En effet, depuis ce concours, qui fût comme une parenthèse enchantée, de celle qu’on n’attend plus, une réelle passion et un véritable amour des mots est né. Le confinement a été propice à l’évasion au fil des mots, au voyage au gré des phrases. Depuis le printemps dernier, il n’est pas rare que je relate et transmette mes impressions, finalement tout ce qui me passe par la tête, dans des poèmes.

Avant le Grand Prix, je n’écrivais jamais par plaisir. Aujourd’hui, c’est tout l’inverse. La poésie, je l’ai découverte au cours de mes années lycée, à travers la passion sans failles de certain de mes professeurs de Lettres.

Selon moi, la poésie demeure une merveilleuse arme, vive mais inoffensive, pour sublimer les mots. J’aime le poids de la ponctuation, des sonorités, des rimes et des mots avec lesquels on peut jouer, dans l’écriture poétique. Au fond, la poésie est là pour donner un véritable sens aux mots, pour faire revivre, dans l’imaginaire des lecteurs, ses éternels dormeurs couchés sur les pages. C’est un genre littéraire à part, dénué de préjugés, où le regard est primordial, singulier et apaisé. C’est une façon originale d’aborder l’écriture.

Enfin, la poésie permet de transmettre des émotions que l’on ne pourrait pas exprimer verbalement, tant la beauté des mots est mystérieuse et sans égale. La poésie est un beau moyen de voyager, de s’évader, armé d’un livre ou d’un stylo.

Le concours a-t-il eu des répercussions ? Que faites-vous aujourd’hui ?

Bien sûr ! À la joie et au bonheur immense de la victoire s’est succédée une passion ardente pour la lecture et l’écriture, provoquant deux grandes répercussions. D’une part, j’ose davantage aujourd’hui participer à de nombreux concours d’écriture, autant de poésie que de nouvelles. Par ailleurs, ce goût prononcé pour la lecture m’a permis d’intégrer le Jury du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2021, pour la catégorie Littérature.

D’autre part, ayant entamé une première année de droit, je découvre aujourd’hui que ma voie n’est pas celle-là, mais plutôt celle des Lettres. Je souhaite donc intégrer à la rentrée prochaine une formation tournée vers les Lettres et la Littérature, en nourrissant le rêve de devenir à mon tour écrivain.