Comme je descendais dans ce tiède bouge chantant,

Se dessinaient des coquelicots de marais

Jouant des phalanges sur des instruments tremblants,

Pour fendre l’air mouillé de fanatiques couplets.

Des cordes tendues cinglaient leurs doigts marabouts.

Un nez de cantatrice râlait d’une voix fiévreuse,

Des cris, du crin-crin, des sortilèges courroux,

Exhalant son soûl de mélodie tapageuse.

Ça cognait en rythme contre la proue de ma coque

Pour hisser à ma caravelle de breloques,

Un mât et une voile, à travers les ressacs.

J’ai alors laissé les flots blancs me submerger,

Abandonnant poumons et caravanes d’idées

Aux eaux sourdes, ensevelissant les creux des lacs.

Thibaut Gribelin, 32 ans, Paris