ENFANCE

Pourquoi ai-je quitté le seuil de la grange

où il faisait beau, où la pierre était douce et tiède,

la lumière encore pâle, où je mangeais des tartines grillées

dans l’espoir de tous les possibles, là, assise sur le seuil

de cette grange, les jambes nues, je le regardais s’envoler

le long des chemins de terre, le long de la voie ferrée,

sous les ponts de pierre, je le laissais s’éloigner,

quittant les odeurs de ronces et de mûres.

Il s’abîmait dans le bruit de la gare Montparnasse,

et renaissait à nouveau, ailleurs, éternellement,

L’espoir de mes douze ans.

Pascale Kerdiles, 58 ans, Pluvigner