La façade grenat

Ces briques cramoisies comme unique printemps

Et pour les magnolias un champ de volets blancs

S’ouvrant chaque matin sur une vue captive

Se renfermant le soir sur une âme pensive

Suis-je à Paris ? Ou bien serait-ce Bogota ?

Quand le soleil commence et puis finit sa course

Sa crinière essorée, une lumière rousse

Ruisselle sur les murs d’un semblable grenat

L’immeuble faisant front se transforme en écran

Sur lequel défilent les souvenirs d’antan

Qui veulent revenir mais en chemin s’essoufflent

Je renverse mes vers dans les pots du balcon

J’interromps les pigeons et leurs tendres chansons

Pour qu’ils picorent un peu ces oublis qui m’étouffent.

Julie Lang, 22 ans, Paris