La jolie tête

Dans le train Paris Marseille dans lequel je voyageais,

j’étais dans un demi-sommeil par le roulement bercé.

Quand je sentis sur mon épaule une tête se poser,

c’était ma voisine de gauche qui doucement s’endormait.

L’effet que fit cette tête fut proprement inouï,

dans mon cœur et sur ma tête déferla un tsunami.

Mes mains se couvrirent de sueur mon cœur dut accélérer.

Je crois surtout que j’eus peur de voir la tête s’en aller.

Nul n’est besoin d’être mage, pour prédire et deviner

qu’après un funeste virage, elle roulera de l’autre coté.

Je me suis trouvé tout bête et surtout un peu penaud

de voir maintenant la tête calée contre le carreau.

Ce qui me met le cœur en fête et qui surtout me réjouit,

c’est que de cette jolie tête, c’est moi qui suis le mari.

Bernard Lebrun, 64 ans, VERTOU