Les voyages dans le temps libèrent de la place

Il y a ce bus qui m’amenait au lycée.

Il y a cette fille qui le prenait aussi.

L’amour que je lui vouais, l’amour que j’ai inventé,

Cet amour s’écrivait tout au long de la journée

Jusqu’au soir qui suivait, une partie de la nuit…

Le lendemain, j’attendais le vingt-huit

Ce bus qui l’embarquait dans mes histoires du soir.

Elle validait son ticket, puis ses yeux me cherchaient,

me trouvaient, validaient mon ticket !

s’écriaient «  Alors ? ! et puis ? ! et la suite ? !  »

Je suis seul dans ce bus avec ce souvenir de toi.

Les voyages dans le temps libèrent de la place.

Philippe Léonard, 42 ans, Genas