Ode

J’ai le phrasé qui fuse

Encore une fois ce soir.

Ces lettres sont les muses

Issues de mes déboires.

J’ai la langue qui abuse,

De leurs traits illusoires,

Dans la lueur diffuse

De mon sombre boudoir.

Quand les poèmes accusent,

Qu’ils veulent se faire valoir,

J’ai les doigts qui s’amusent,

Les mots qui font la foire.

L’eau de mes vers infuse,

La prose comme exutoire.

Antoine Delva, 31 ans, Montmorency