Une soeur

Moi, deux ans un tiers, deux printemps et trois hivers

Et ma foi, pas peu fier d’accoler grand à frère.

Je m’élance vers mon nouveau colocataire…

Et il, c’est clair, est elle, et ne s’en repent guère.

Alerte, infirmière ! On m’a volé mon frère !

Farce hospitalière, du mauvais Molière :

Que diable allais-je faire de cette dernière ?

Révélation divine, la voix du père :

« Une sœur n’est pas un faux-frère ! » OK j’obtempère.

Vaincu, je la serre, fort comme un Teddy Bear.

Têtu, je suggère : « On l’appellera Robert ? »

Quentin Simon, 29 ans, Wignehies